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Yogi Bhajan, vous connaissez ?
Yogi Bhajan fut reconnu maître de Kundalini Yoga dès l’âge de 16 ans.
Le yoga de la kundalini peut être décrit comme le yoga de la conscience. Combinant à la fois méditations, pratiques physiques et exercices de respiration, ce yoga favorise une approche globale du développement humain dans les plus hautes sphères de sa conscience.
Né dans l’Inde Britannique, Yogi Bhajan laisse une carrière lucrative au gouvernement pour se tourner vers l’enseignement du yoga de la kundalini en occident en 1968. Arrivé aux Etats-Unis, il se rend rapidement compte de la détresse exprimée par la jeunesse embarquant dans la folie de la drogue des années soixante-dix. Cet appel vers un mode de vie plus holistique et sain lui permet d’encourager des centaines de jeunes à se tourner vers la recherche de leur propre bonheur inhérent à la vie, à travers ses enseignements. En effet, la pratique du kundalini yoga offre une alternative naturelle pour arriver à reconnecter son Soi profond au Soi universel, ce qui est l’essence même du yoga.
Yogi Bhajan a œuvré en collaboration auprès de personnalités importantes telles le pape Jean-Paul II, le Dalai Lama ainsi que l’archevêque de Canterbury afin de promouvoir la paix internationale.
Partout à travers son enseignement, on reconnaît la mission profonde que s’est donnée le Yogi. Il disait lui-même : «Je suis venu former des professeurs et non rassembler des disciples.»
Vous trouverez dans cette rubrique un nouvel épisode de sa biographie qui apparaîtra à chaque mois. Tenez-vous au courant !
L’envoyé de la maison du Guru
Première partie, Raj Yoga – l’émouvante souveraineté du divin
Après le festival, Yogi Bhajan se rendit à la ville de New York. Là, on pouvait y voir affiché d’énormes pancartes où se trouvaient les mots «Sat Nam», partout à travers l’état. Lynn Anderson était de ceux qui enseignaient près de Woodstock. Steve et Susie Burns, nouvellement mariés par Yogi Bhajan pendant la célébration du Solstice d’été, vivaient sur l’île Staten.
Pendant son séjour, Yogi Bhajan rencontra un jeune homme nommé Alan Oken chez qui il découvrit un véritable don pour l’astrologie. Le Maître prit en charge de faire se révéler ce jeune débutant et lui dit : «Viens au Colorado avec moi et tu feras de toi un astrologue. Ne charge aucunement. Prends tous ceux qui viennent te voir et lis leurs leurs vies pendant vingt minutes.»
Yogi Bhajan venait d’inviter Alan à participer à une semaine de rencontre entre «saints hommes» à Boulder au Colorado, dont il était lui-même l’organisateur. En plein mois de juillet, à l’extérieur, au carrefour de l’Université du Colorado, quelques trois mille curieux convergèrent afin d’écouter les sagesses de l’Est. Yogi Bhajan et Swami Satchidananda se rencontrèrent à nouveau, de même que Steven Gaskin de San Francisco, un bouddhiste du nom de Bill Quan-roshi, Tom Law, un étudiant de Yogiji et un autre professeur. Pendant sept jours, ils parlèrent de chaque thème imaginable… l’illumination, le karma yoga, la mort, la vie et la merveille d’être né.
Pour ce qui est d’Alan, il suivi les conseils du Maitre et enseigna l’astrologie chaque matin à une marée humaine qui grandissait au fil de la journée, commençant à trois cents et pouvant se rendre jusqu’à trois mille personnes. De midi jusqu’à dix-sept heures, il lisait les horoscopes. Yogi Bhajan avait aménagé une tente spéciale pour lui et au courant de la semaine, les personnes reconnaissantes l’emplissaient de dons, de pain, de bols, de bibelots, de cristaux et encore d’autres présents. Dans la soirée, Alan allait rencontrer la foule et y donner ses présents. Il se fit beaucoup d’amis.
À la fin de la semaine, Alan Oken avait enseigné à des milliers d’étudiants et avait effectué pas moins de deux cents lectures d’horoscopes. Il était désormais un véritable astrologue.
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Pendant sa tournée, Yogi Bhajan reçu un appel désespéré d’un de ses étudiants. Celui-ci venait d’être arrêté par la police pour infraction mineure. Constatant ses longs cheveux, la police l’avait automatiquement incarcéré dans la prison locale.
La routine usuelle était que tout prisonnier à l’interne qui avait les cheveux plus longs que les oreilles, voyait se faire raser complètement la tête. Ceci, l’étudiant ne le voulait pas. Il protesta qu’il était Sikh et que les Sikh ne coupent jamais leurs cheveux. Mais le juge n’était pas convaincu. Il n’avait jamais entendu parler des Sikh.
Lorsque Yogi Bhajan reçu l’appel, il écrivit une lettre certifiant que son étudiant était réellement un Sikh et que les Sikh ne pouvaient être privés de leur longs cheveux. Il fit certifier la lettre devant notaire et lui-même se présenta en cour. Yogi Bhajan amena également une longue serviette et commanda à son étudiant de l’enrouler autour de sa tête à la façon d’un turban.
Que pouvait dire le juge en face de l’évidence même? Il se vu forcé de convenir avec l’affidavit de Yogi Bhajan, puis, après avoir payé une petite amende, l’étudiant était libre de partir avec sa couronne de cheveux intacte.
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De retour chez lui à Los Angeles, Yogi Bhajan commença à introduire un nouveau thème lors de ses discours – la grâce essentielle de la gente féminine. «Lorsque celui qui est né d’une femme agit avec respect envers une femme, il y a de la paix sur Terre,» a-t-il dit.
En ces temps là, les jours étaient chargés pour les femmes américaines. Le mouvement de libération des femmes des années soixante-dix était tout juste en train de prendre forme. Les femmes commençaient à trouver leurs forces dans leurs rapports fraternels ainsi que leur dignité dans leur lutte pour obtenir des droits équivalents à ceux des hommes.
Cependant, la perspective de Yogi Bhajan différait de celle, typique, des féministes. Il voyait chez la femme un être gracieux et délicat par nature qui détenait la fibre morale de la nation. Pendant que certaines féministes célébraient les emplois hautement rémunérés de celles qui travaillaient dans les bars et les bordels et fêtaient leurs droits inhérents à ces emplois, Yogi Bhajan déplorait le climat moral qui permettait aux mères, aux filles ou aux sœurs d’être autant humiliées et mises au rang des objets. À seulement deux blocks de sa maison sur l’Avenue Phyllis, des écriteaux annonçaient la présence de clubs de striptease et de bars style Sunset Strip. Tout cela révoltait sa conscience en tant qu’homme décent né d’une gracieuse et impressionnante mère.
Et ainsi que, le 22 septembre 1970, Yogi Bhajan entama un mouvement pour la reconnaissance de la «sous-classe» la plus largement exploitée : ses femmes. Chandelles en main, ses gracieux étudiants et étudiantes au nombre de seulement quelques douzaines, mais à l’attitude déjà impressionnante dans le courage de leurs convictions, filèrent en processions en passant devant les bars de danseuses nues et les maisons de spectacle porno du district «lumière rouge» de San Francisco. Ensemble, ils chantaient : «Nous sommes la Grâce divine»
Yogi Bhajan nomma ce nouveau développement la «Le mouvement de la grâce divine pour les femmes d’Amérique» et bientôt ce fut : «Le mouvement de la grâce divine pour les femmes du monde.» Il dit à ses étudiants : «Lorsqu’un homme tombe, l’individu tombe, mais lorsqu’une femme tombe, une génération entière est perdue. Vous êtes la grâce de l’individu. Vous êtes la grâce de la ville. Vous êtes la grâce de la nation. Vous êtes la grâce du monde!
«Le monde débute avec vous et se termine avec vous. Toutefois, vous ne devez jamais être mesquines. Lorsque vous ne pouvez supporter ce que vous êtes, vous devenez mesquines. La couronne de grâce, de divinité et de dignité devrait reposer sur votre tête et ne devrait pas vous occasionner des maux de tête.
«Vous devez donc être entraînées. Vous devez entraîner vos émotions. Vous devez vous entraîner vous-même. Et vous devez le faire dans un sens unilatéral. Il y a un chemin vers Dieu pour la femme : le comportement désintéressé, digne et gracieux. La dignité et la divinité sont vos droits naturels.
«La seule solution qu’une femme possède se trouve dans sa propre profondeur. L’unique tragédie d’une femme est sa propre superficialité. Je comprends pleinement à quel point terrible le passé fut. Je peux totalement comprendre comment je peux blâmer mon passé. Je comprends parfaitement que je peux merder et me torturer dans mon passé. Mais, après tout, j’ai une chance et une chance très infime certes, d’être mon propre futur également. Similairement, chaque femme devrait se souvenir qu’elle a en elle son propre futur et que ce futur ne peut être accompli que si elle-même devient son propre futur.»
Yogi Bhajan croyait de tout son être dans l’habileté d’un individu à sculpter et reformer ses habitudes et personnellement ainsi que méthodiquement, changer le concept qu’il a de lui-même ainsi que ses schèmes habituels de pensée. À cette fin, il donna à ses étudiants une méditation sur la grâce de Dieu :
Allongez-vous sur votre dos, relaxant pleinement votre figure et votre corps. Inspirez profondément, maintenez l’inspiration et silencieusement, répétez dix fois : «Je suis grâce divine.» Expirez tout le souffle. Retenez le souffle de l’expiration et silencieusement, répétez dix fois : «Je suis grâce divine.» Continuez la respiration en répétant le mantra de cette façon pour un total de cinq inspirations et de cinq expirations.
Lorsque le cycle est complété, relaxez la respiration et avec les yeux toujours fermés, s’asseyez-vous dans la pose facile. Ramenez l’index de la main droite sous le pouce, les autres trois doigts demeurant allongés, la paume de la main vers le haut, le poignet reposant sur le genou, les épaules droites. La main gauche est tenue vers le haut par l’épaule gauche à la manière d’un serment. La respiration devrait être détendue.
Mettez de la tension dans un doigt de la main gauche à la fois, en maintenant les autres doits allongés, mais détendus. Répétez fortement : «Je suis grâce divine», cinq fois. Continuez cette séquence avec tous les doigts et le pouce de cette main, en méditant sur l’énergie inhérente dégagée par chaque. Le petit doigt : Mercure – le pouvoir de la communication; l’annulaire : le Soleil/Vénus – la santé physique, la grâce et la beauté; le majeur : Saturne – patience, la transformation de l’émotion en dévotion, responsabilité; l’index : Jupiter – la sagesse et l’expansion; le pouce : l’ego positif.
Lorsque les deux parties de la méditation sont complétées, baissez la main gauche et relaxez pendant quelques minutes.
L’envoyé de la maison du Guru
Deuxième partie : Raj Yoga – L’émouvante souveraineté du divin
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Le grand hôte
Yogi Bhajan pouvait adopter différents types de personnalité selon les personnes qu’il rencontrait. Ainsi, il pouvait devenir mystérieux ou positivement insondable. Il pouvait agir en étranger ou tout simplement avoir un comportement étrange. Il pouvait paraître distant ou encore absolument détaché. Et pour ceux qui faisaient réellement l’effort de vraiment le regarder et de l’observer, le Maître pouvait se montrer sincèrement dévoué dans son service pour autrui, profondément engagé et totalement en commande de ses circonstances.
Grâce à ses pratiques méditatives, la façon de penser de Yogi Bhajan se tournait vers l’originalité. Il n’intervenait aucunement dans le processus de pensée de qui que ce soit, et n’agissait nullement comme programmé à l’intérieur d’une petite boîte carrée. En fait, il se moquait bien de quelque boîte carrée qui puisse s’y trouver. Ceci signifiait que de temps en temps, ses actions pouvaient être complètement imprévisibles, adorablement charmantes et tout-à-fait désarmantes.
Un jour, Yogi Bhajan fut invité à la maison d’une personne riche, quelque part aux environs de Los Angeles. À l’intérieur de la maison somptueuse, le Maître commença à faire sa propre ronde. Méthodiquement, il inspecta chaque étage, ouvrit toutes les portes qu’il y avait en chemin en prenant le temps de bien regarder à l’intérieur. Ses hôtes stupéfaits ne savaient comment le critiquer et se maintinrent à une distance respectueuse, complètement mystifiés. Qu’est-ce que leur invité était en train de faire?
Finalement, le Maître fit son chemin vers la cuisine de la grande maison. Ouvrant le réfrigérateur, une satisfaction étincelait dans ses yeux. La magnanimité de son esprit prit expression dans ses premiers propos : «Puis-je vous offrir quelque chose?»
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Enseigner à UCLA
L’automne de 1970 fut tumultueux en Amérique. La passion envers les figures iconiques de la jeunesse culturelle, telles Jimi Hendrix et Janis Joplin, tout-deux âgés de 27 ans, se passa à travers des abus de drogues. On fut également témoin du dramatique exil de Timothy Leary, le guru spirituel du LSD, d’une prison de Californie vers un paradis sécuritaire en Algérie. Les démonstrations activistes, les arrêts, les bombes, les services d’écoute en espionnage, les infiltrations et toutes sortes de tactiques et de comportements de démembrement étaient sur la route d’un crescendo destructif.
Pendant que plusieurs prônaient la destruction complète des autorités établies, Yogi Bhajan eut l’idée de créer une organisation alternative avec un enseignement dynamique et une expression sociale dirigée vers l’entourage. Par ailleurs, il n’était pas non plus opposé à appliquer pour l’exemption de la taxe fédérale du gouvernement des Etats-Unis – ce qui fut attribué à sa fondation, le 3HO, à la fin de l’année.
Un autre développement significatif de cette année fut l’introduction d’un cours accrédité de Yoga Kundalini à l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA). Le cours, donné deux fois par semaine dans la division de l’éducation des adultes, offrait le même crédit que pour un cours de physique. Le premier cours à passer au stade de l’histoire fut donné un mercredi, 11 novembre.
Le Maître commença le cours : «Chers étudiants, il n’y a pas de barrières entre l’homme et l’homme. La seule barrière est le manque de vigilance. Au fur et à mesure que vous vous ouvrez de l’intérieur, l’extérieur s’ouvrira à vous. Il ne peut y avoir un vide dans l’espace. Lorsque vous vous ouvrez, l’extérieur va également s’ouvrir pour vous apporter un équilibre.
«Il y a des gens qui sont intéressés dans les différentes théories sur le pouvoir des yogis et comment cela peut se produire. Certains sont méfiants. Certains ont un certain savoir à propos de ces expériences. Tous les professeurs spirituels sont venus ici pour créer des disciples. Faisons quelque chose de différent.
«Il y a trente-trois livres dans ce pays qui ont dédié un ou deux chapitres au Yoga Kundalini, en mettant en garde les occidentaux de ne pas le pratiquer. En vérité, l’avertissement consiste à ne pas le pratiquer sans un professeur. L’autre partie de la phrase, personne ne la lue.
«Ce n’est pas vrai qu’on a besoin de réincarnations pour devenir conscients de Dieu. Lorsque vous concentrez votre énergie mentale sur votre Soi profond, vous êtes en état de méditation. Et le résultat de l’acte de la méditation est votre attitude. La structure à l’intérieur est la même que celle à l’extérieur.
«Pourquoi étudier le Yoga Kundalini? L’homme a un besoin inné d’être uni avec la Conscience Suprême. Ce besoin existe en nous. Notre subconscient est conscient de notre réalité, mais notre conscient est un reflet de notre environnement. Lorsque consciemment vous canalisez le subconscient dans la conscience Suprême, vous êtes en mesure de voir ce qui n’est pas vu et de savoir ce qui n’est pas su.
«Les livres que nous vous avons donnés à lire sont : Comment connaître Dieu – Les yoga sutras de Patanjali (avec commentaires de Swami Prablavananda et Christopher Isherwood) et Yoga de Ernest Wood. Ils vous feront un certain résumé sur ce que traite le Yoga et ils vous instruiront sur le Kundalini, mais ils ne vous donneront pas les méthodes.
«Celles-ci ont été gardées secrètes pour plusieurs raisons, certaines authentiques, d’autres non. La raison authentique est que si vous révélez cette connaissance et ne pouvez avec votre corps psychique en contrôler le mauvais usage, ceci peut vous mettre dans des circonstances difficiles. Mais si un homme a pratiqué et a une maîtrise de lui-même, alors, il n’y a pas de limitations de temps ou de distance et tout le monde peut pratiquer afin d’atteindre cette conscience sans aucune autre recherche, précaution ou danger. Ce qui apparaît dans ces livres est annulé. Nous avons travaillé avant de venir ici pendant un an et demi et 50 000 à 60 000 personnes l’ont pratiqué. Les résultats ont été rien de moins que positifs.
«Kundalini vient du mot Sanskrit ‘kundal’, ce qui très romantiquement signifie l’enroulement du cheveux du Bien-Aimé. Kundalini se réfère à cet enroulement. Le serpent n’a rien à voir avec tout ça. Le serpent en Inde est connu comme symbole de la conscience et de la sagesse. L’animal s’assoit également dans une position enroulée. C’est de là que vient le terme «pouvoir du serpent».
«Kundalini est ce pouvoir divin, l’Adi Shakti, la Force Créatrice qui est enroulée en soi. Le fait de démêler cette énergie est appelé «Kundalini Yoga». Celui qui l’enseigne est appelé un ‘Yogi’ et celui qui apprend est appelé un ‘Sikh’ ou un ‘étudiant’. Comme toutes les rivières se dirigent vers l’océan, tous les buts proposés de nature spirituelle visent à révéler cette conscience en vous. Toute gratitude, consciente ou inconsciente mène à cette fin.
«Quand votre prière n’est pas exaucée, c’est parce que vous n’êtes pas en syntonisation avec elle. Vous n’avez pas fait votre branchement. Vous barbotez. Le son de votre courant n’est pas relié au son du courant suprême. Autrement, votre prière est entendue.
«Une fois que vous connaissez l’art de n’avoir qu’une focalisation de l’esprit, vous connaissez tout. Pour contrôler votre esprit, vous devez avoir un point d’ancrage. Lorsque vous utilisez la volonté de l’esprit, ceci est appelé ‘Raja Yoga’ et lorsque vous utilisez la respiration, c’est le ‘Kundalini Yoga’.
«Le fait d’utiliser l’esprit sur l’esprit est un processus difficile. La respiration est plus pratique. C’est un processus garanti à 100%. Pourquoi n’est-il pas enseigné? Parce que la respiration est l’énergie pranique qui mène à l’énergie universelle et une personne qui la contrôle doit aussi en faire partie.
«Si à travers quelle que méthode qui soit vous pouvez vous relier à votre âme, dans ce corps et dans cet espace de vie, alors la dualité, c’est-à-dire qu’il y ait un Dieu ou non, disparaîtra. En venant de New York, vous pouvez vous arrêter cinq ou six fois et changer d’avion. Mais il y a aussi des services qui vous mèneront directement à Los Angeles et c’est ce que le Kundalini Yoga fait.
«J’ai senti que c’était une nécessité d’enseigner aux gens cette science secrète. Honnêtement, j’ai brisé une loi cosmique pour laquelle j’ai été infiniment rétribué. La loi était comme suit : la personne qui enseignera cette science sans discrimination avant de tester en premier lieu ses étudiants ne verra pas le prochain lever du jour. En d’autres mots, depuis mon dernier anniversaire, je ne devrais pas me retrouver en vie…»
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Bienfaits-Bananes
Yogi Bhajan adorait transformer ses étudiants de par l’extérieur autant que de par l’intérieur. Pour l’intérieur, il les encourageait vivement à s’engager profondément dans le souffle de vie et de pratiquer le revigorant pranayam. Il instaura également les vertus de l’hygiène mentale et verbale – i.e. surveiller ce que l’on pense et ce que l’on dit. Bien sûr, à la base de tout cela venait un vigoureux régime incluant se lever de bonne heure, prendre une douche d’eau froide, faire de l’exercice pendant une heure et méditer pendant deux heures et demie. C’était la routine régulière.
Pour accélérer la progression de ses étudiants, Yogi Bhajan leur fit prendre part à un régime de bananes. De la nouvelle lune à la pleine lune, il fallait prendre trois bananes trois fois par jour, précédées d’un verre de jus d’orange fraîchement pressé et accompagnées au cours de la journée par de l’eau et du thé Yogi. C’était la diète à base de bananes.
Ceux qui s’y adonnaient purifiaient leur corps, renforçaient leur système nerveux et donnaient un bon répit à leur système digestif, qui, autrement battait à plein rendement. Il était fréquent de retrouver chez les participants une sensation de tête légère, de devenir un peu grincheux, de perdre du poids, d’avoir des flashbacks psychédéliques et d’être douloureusement tentés de consommer leurs plats préférés. Au huitième jour, même la nourriture n’ayant aucun attrait en cas ordinaire exultait chez eux, une fascination d’outre monde.
Certains des participants étaient plus zélés que les autres. D’autres, à des moments de relâche avaient inclus dans leur régime des tranches de ce «divin» pain aux bananes et s’étaient levés le lendemain avec des douleurs dans l’estomac. Quelques participants suivirent leur régime jusqu’à ce qu’ils goûtent à de l’excellente tarte à la crème et bananes – ceux-ci ne purent s’empêcher de répéter l’expérience, et par ce fait, arrêter leur diète. Pour d’autres, leur folie résidait dans l’irrésistible envie de manger de la crème glacée à la banane.
Mais pour les yogis qui réussirent à survivre au régime jusqu’à la pleine lune, un nouveau défi s’annonçait. Leur intérieur digestif était devenu si délicat, de par cette diète si simple et si légère que même le fait même de consommer de simples patates frites aurait occasionné des dommages irréparables. Les participants furent donc appelés à endurer un long mois de restauration spéciale, incluant de la soupe de lentilles mung, du riz avec du turméric et beaucoup, beaucoup de légumes verts, supplémentés de fruits frais, de bananes et de thé Yogi.
Avec tout le remue ménage qu’avait causé ce fruit humble, sucré et facile à manger, de jolies recettes étaient véhiculées dans le journal du 3HO, incluant des pakoras de bananes et des curries aux bananes. Amenant le mouvement à sa conclusion naturelle, les yogis du centre de San Rafael, dans un moment de satori mielleux et jaune nommèrent leur maison le «Banana Ananda Ashram». Le nom resta pour quelques jours, jusqu’à ce que quelqu’un l’apprenne à LA. Puis, un nom plus digne fut trouvé.
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Vers l’Inde
Les tempêtes d’amour de l’Énergie du Sat Nam émergèrent depuis son calme centre dans la «Cité des Anges» - Los Angeles – torrents de pluies de bénédictions de santé, de bonheur et de sainteté partout autour des Etats-Unis. Aux côtés de San Rafael et Sausalito, Santa Fe et la capitale de la nation, Orlando et Atlanta, l’Ile Staten et Woodstock, les enseignants construisaient de nouveaux centres à Hartford, Honolulu et Houston; Detroit et Birmingham, Michigan; Portland et Seattle; Philadelphia et Phoenix, Arizona.
Entretemps, pendant que la vision du Verseau et le mode de vie du 3HO se répandait en Amérique, le Maître était en train de préparer le voyage d’un groupe d’étudiants en terres des Gurus, la maison natale des Khalsa.
Les étudiants s’étaient vu promettre 19 heures de sadhana en Inde. Ce n’était pas une perspective à décourager quiconque. Après tout, les étudiants étaient jeunes et énergétiques et ils avaient entendu qu’il n’y avait «aucune libération sans travail».
Les préparatifs furent mis en place. Certains durent emprunter de l’argent. Certains reçurent l’argent en cadeau. Ceux qui pouvaient se le permettre, embarquèrent.
En tout, 85 fervents du Sat Nam décidèrent de se joindre à Yogi Bhajan dans ce pèlerinage magique qui commençait le 27 décembre via Air India à partir de New York et arrivant deux jours plus tard à l’aéroport de Delhi Palim. Ils devaient rester là bas pour une durée de près de trois mois, une entreprise d’envergure à tout point de vue, retournant pour l’équinoxe, le 21 mars.
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Maître du yoga tantrique blanc
Tous les étudiants ou presque de Yogi Bhajan qui pouvaient se le permettre, réservèrent leurs billets d’avion pour l’accompagner en Inde. Shakti Parwha Kaur avait envoyé un prépaiement pour couvrir les frais de logement à Delhi. Baba Singh et elle étaient chargés de rester à Los Angeles et de poursuivre les cours.
Parmi ceux qui étaient du voyage, on retrouvait : Ganga et son nouveau mari Larry Singh. Premka venait également, de même que Toni, la femme de Gerry Pond. John Twombly qui avait commencé son entraînement à l’Ashram Baba Siri Chand en Orlando était également de la partie. Jim Baker, propriétaire du restaurant The Source (La source), là où Ganga travaillait, venait aussi. Et puis, s’ajoutait également un groupe de hippies qui tournaient un film à propos des professeurs spirituels. Le titre de leur film était «Sunseed» (Semence de soleil). Il y avait Alan Weiss qui planifiait d’étudier médecine et Richard Buhler qui démarra plus tard sa maison de publication qu’il nomma «Brotherhood of Life» (Confrérie de la vie). Parmi les voyageurs on retrouvait aussi une femme qui se nommait Deverah et une autre qui se faisait appeler précédemment «Dale», et il y en avait aussi soixante-dix autres.
Le pèlerinage était l’apogée de plusieurs mois d’activité engagée. Ganga se rappela d’une journée du mois de mars, où, après le sadhana matinal, Yogi Bhajan avait dit quelque chose à propos d’un changement qui venait juste de prendre place. Ceci ne faisait que peu de sens pour elle à ce moment, mais c’était la journée où Lama Limpole avait quitté son corps physique et passé son «aura» de «Mahan tantrique» à son professeur. Lorsque Yogi Bhajan était adolescent, il avait étudié avec ce lama sous la direction de Sant Hazara Singh. Depuis cette journée, Ganga nota que le téléphone n’arrêtait pas de sonner et que le degré d’activité à l’Ashram Phyllis avait triplé.
Depuis que Yogi Bhajan était devenu maître de Yoga tantrique blanc, il donnait de temps à autre, des cours extraordinaires qui engageaient les forces cosmiques de Shakti et de Shaktiman – les énergies féminine et masculine. C’était lors d’un de ces événements, un mois d’octobre, que Dale fit sa première rencontre avec Yogi Bhajan.
Dale avait fait un long parcours à travers le temps et les continents. Quelques années plus tôt, elle avait été une artiste qui avait connu beaucoup de succès à Broadway, mais elle était désormais fatiguée de la routine des applaudissements de la part du public. Dans son cœur, Dale voulait trouver un moyen de faire quelque chose d’authentique et qui durerait en tant que contribution pour sa communauté américaine africaine. Cette quête l’avait menée dans l’ouest de l’Afrique, où elle avait prit part à des explorations et des excursions durant plus d’un an. Ceci avait également constamment orienté Dale dans la direction du yoga. Avant d’arriver au cours tantrique de Phoenix, elle avait prit des cours de Yoga kundalini à Boulder et Santa Fe.
Ce cours offert à Phoenix durait dix jours – dix jours de méditation dans une sorte de juxtaposition tantrique, se faisant normalement face-à-face ou dos-à-dos, avec un partenaire du sexe opposé. Durant ces dix jours, Yogi Bhajan commanda à ses étudiants de ne consommer que des fruits – pommes, oranges, poires, bananes, dates, avocats – qui poussaient quatre pieds et demi au-dessus du sol. Ceci devait les faire bénéficier de la nature naturellement élevée de cette nourriture.
À Phoenix, Yogi Bhajan parla passionnément de son projet de retourner en Inde avec quelque uns de ses étudiants à la fin de l’année. Il échangea également quelques mots de guidance personnelle avec Dale, mots qui eurent l’effet de changer profondément son sens de la destinée. Même si elle était à peine en train de se remettre de son année passée Afrique, Dale savait qu’elle devait elle aussi se rendre en Inde avec le Maître.
Quelques jours plus tard, Dale se rendit à Los Angeles et se mit en quête de Yogi Bhajan à l’Ashram de l’avenue Phyllis. Elle apporta une offrande et s’attendait à ce que le Maître la bénisse et lui raconte quelque chose à propos de sa vie. À la place, ce dernier la fixa dans son regard et lui dit qu’elle devait enseigner dans sa communauté. Elle devait commencer dès à présent. Dale riposta qu’elle venait à peine de commencer à apprendre le yoga elle-même. Comment allait-elle pouvoir enseigner? Mais le Maître insista. Sa communauté avait besoin d’elle. Est-ce qu’elle consentait à enseigner? Dale était incrédule, mais finalement elle accepta.
En sortant de la maison sur l’avenue Phyllis, Dale se dit à elle-même : «Qu’est-ce que je viens de faire là? Je ne connais pratiquement rien à propos de ce type de yoga. Comment vais-je enseigner à ma communauté?» Mais quelque chose en elle était aussi résolu que fixe comme l’étoile polaire. La mère de Dale lui avait enseigné que la parole d’une personne était sa force d’union. Ayant donné sa parole au Yogi, elle savait qu’il n’y avait aucune façon de revenir en arrière.
Après quelques jours passés à préparer les cours, Dale contacta des amis qui occupaient une école d’acteurs. Elle leur demanda s’ils voulaient qu’elle leur donne un cours de yoga – ceux-ci acceptèrent.
Dale tenait à véhiculer l’inspiration apportée par Yogi Bhajan lors de son premier cours de yoga. La pire chose qu’elle pouvait imaginer était de rester muette ou de paralyser sur scène. Afin de s’aider dans sa tâche, Dale apporta avec elle une photo de Yogi Bhajan de quatre pouces par quatre pouces. Elle la plaça derrière elle sur le banc du professeur, juste à la base de sa colonne vertébrale avant d’entonner le chant «Ong Namo…»
Le cours se déroula aisément. Dale était étonnée de la sagesse transmise par l’enseignement qu’elle offrait à ses étudiants. Tout avait coulé comme sur le l’eau de roche. Dale savait intuitivement que le Maître était en train de travailler à travers elle. Avec grande fierté et satisfaction, elle appela Yogi Bhajan pour le lui dire. Il félicita son étudiante et lui dit de le rencontrer le jour suivant à Gurdwara à Los Angeles, où l’on célébrerait l’anniversaire de Guru Nanak.
Le lendemain, Dale, assise dans le Gurdwara, rêvassait. Soudain, elle entendit une voix résonnante l’appeler par son nom, encore et encore. Elle pensa : «Pourquoi quelqu’un est-il en train de m’appeler?» Lorsque Dale reconnu la voix de Yogi Bhajan, elle s’empressa de le rejoindre.
Le Maître avait une autre proposition pour son étudiante et il la lui présenta sans aucun détour : «Dorénavant, vous serez Krishna. Est-ce que vous acceptez? Vous changerez votre nom légalement. Vous serez la noire Krishna. Est-ce que vous acceptez? Vous changerez votre nom. Est-ce que vous acceptez?
Les nuages de doute et de suspicion qui s’étaient accumulés durant de nombreuses vies se dissipèrent soudainement. L’étudiante acceptait. À travers le lien de sa parole profonde, elle n’était plus Dale, mais elle émergeait à présent en tant que Krishna Noire.
Ce ne fut pas long avant que la Krishna Noire de Yogi Bhajan, brillante de confiance, enseigne quatre larges cours de Kundalini Yoga. À mesure que la date de départ pour l’Inde approchait, elle se préoccupa de la responsabilité qu’elle avait auprès de ses étudiants. Elle alla voir le Maître pour ses conseils. Que devait-elle faire?
Yogi Bhajan répliqua : «Vous irez en Inde en tant que mon assistante personnelle. Est-ce que vous acceptez?» Elle accepta.
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La mesure méditative du souffle
À quelques jours seulement du grand pèlerinage en Inde, Yogi Bhajan continuait à enseigner à ses étudiants avec une ardeur et un dévouement persistants. Le 16 décembre, il révéla une pratique spéciale aux étudiants qui allaient rester sur place durant les trois mois qu’il serait parti.
«Vous êtes tous assis dans cette pièce, vous et moi. Il n’y a aucun but à s’asseoir en se cachant. Ceci est le premier rire de la méditation. Une fois que vous vous êtes inclus dans l’environnement, vous devez oublier l’environnement d’abord. Et puis, vous continuerez votre progression selon les instructions. Vous grandirez et grandirez et grandirez.
«Ces «malaises physiques» ne sont pas vraiment des malaises physiques. Ce sont des ajustements mentaux. Les nerfs résistent, les muscles résistent, le corps résiste, les parties résistent, l’intellect résiste… Tous ces composants que vous sentiez être vos proches amis, au moment où vous voulez les joindre avec votre Conscience Suprême, ils deviennent vos adversaires. Ceci prend une minute et ils vous tournent le dos et commencent à vous faire mal, mal, mal. Chaque pensée horrible viendra pendant que vous méditez. Chaque distraction, chaque travail de votre quotidien vous sera remémoré seulement lorsque vous méditerez. Tous ces phénomènes vous arriveront pendant le temps de méditation et c’est comme ça que vous pourrez comprendre qui est réellement votre ami et qui est votre ennemi.
«La colonne vertébrale doit être droite, les mains doivent demeurer en position. Je vais répéter physiquement ce qui suit; vous répéterez mentalement les mêmes pensées :
«O Donneur du prana et de l’apana, O Seigneur des seigneurs, je ne peux que vous demander de me remplir ainsi que la coupe de mes désirs. Ouvrez mon cœur afin que je puisse vous dédier ces quelques minutes. O Suprême, O Amour Infini, O mon Seigneur des seigneurs, O mon Grand Soi, aujourd’hui avec mon plus profond humble soi et avec mon cœur précieux, je vous demande avec mes deux mains déployées, de remplir et de répondre à mon unique désir. Donnez-moi ces quelques minutes afin que je puisse me dédier à vous, O mon créateur, O mon bien aimé, être de douceur, O merveilleux seigneur, O seigneur plein de ressources. Je vous en prie, répondez-moi, O mon protecteur. Protégez-moi à ce moment afin que je puisse m’unir à vous. O plus Merveilleux des merveilleux, plus Désirable des désirables, O plus Charmant des charmants, O mon Moi tout Entier, faites en sorte que mon moi supérieur soit uni avec mon moi inférieur. Ce sera une union de l’enfer et du paradis. Et une fois que ceci sera pris en conscience par moi, je serai un dieu vivant. Suprême est son Flot, suprême est son énergie et cette suprême énergie remplit toujours ma coupe qui sera toujours constamment levée à cette minute de mon dévouement. Je me dévoue physiquement, mentalement et spirituellement à mon guide de cette heure et devrai mener le chemin de la vérité afin de joindre mon amour infini et mon désir ultime.
«Avec ceci – inspirez profondément, retenez votre souffle – en moi est rempli ce souffle de vie, en moi est rempli cette énergie divine, en moi est le Dieu vivant. Mon temple est la maison de mon Maître Créateur. Faites que la lumière intérieure, faites que l’énergie intérieure, faites que la vie intérieure – soit une union, une union avec Lui. C’est un passage automatique, un sens vers lequel je me dirige. Faites que cette union soit pour toujours dirigée vers son but unique, toute négativité de me laisser. Expirez.
«Force de vie, viens en moi et demeure en moi. Remplis-moi, remplis-moi, en chaque pore de moi, en chaque partie de moi, jusqu’à ce que je connaisse chaque partie de ma vie, jusqu’à ce que je connaisse chaque partie de mon corps et même mes sensations de mon mental, jusqu’à ce que je sache chaque situation dans laquelle je me trouve, avec un mental imperturbable, ce souffle ira à chaque partie de mon corps perceptible, ce messager de la vie qui vient du Dieu Créateur. Puisse cette force me remplir toujours, toujours. Je l’embrasse. Je l’entoure. Je l’aime. Elle est mienne. Elle est mienne. Elle est mienne. Elle est mienne, toujours mienne. O négativité, laisse-moi. Expirez.
«O venez, O Dieux, remplissez-moi. O Dieux de la Vie, O Dieux de la Force, O Dieux de l’Énergie, O Dieux de la Vérité, O Dieux Positifs, mon Donneur de Vie, O mon Donneur d’Élégance, O Dieux Charmant, Seigneur Merveilleux, votre message est doux. Votre Douceur, votre Stabilité, je Vous sens vous tous en moi, dans mon corps emplit de tout cet amour grandiose. En moi la vie vit, vit, vit en moi à travers Dieu. J’en suis rempli, rempli. Remplissez-moi plus, remplissez-moi d’avantage. Arrière, forces de la noirceur! Laissez-moi en paix. O écoutez à présent. Je remplis maintenant mon âme. Je suis en train de me remplir moi-même avec le Dieu divin, tôt en cette matinée. Lorsqu’il n’y a rien autour de moi, moi et mon Seigneur, lorsque nous échangeons, sur le chemin de la vérité sur cette union, nous sommes tous unis et cette union ici n’est rien d’autre que la bague de la vérité, cette vérité. Ceci est en moi à présent. C’est toujours en moi. Je me remplis de cette vérité et j’exclus tout ce qui est connu en tant que faiblesse. Expirez.
«À ce moment, tournez votre cou lentement et calmement et fixez votre menton. Laissez vos mains là où elles sont et étirez votre cou. Je fais cela moi-même afin de me donner complètement à l’Esprit Universel, cet Esprit Grandiose qui m’entoure et m’emplit d’amour.
«Le souffle de la vie, il doit pénétrer centimètre par centimètre. Le souffle doit arriver par centimètre et il doit aussi quitter par centimètre. Le souffle ne vous obéit pas. Vous devez faire en sorte qu’il vous obéisse. Sans quoi, la personne négative ne vous laissera jamais faire votre sadhana. Ceci est la loi de l’univers. Je ne peux la changer, vous ne pouvez la changer, mais c’est la volonté divine en soi qui peut tout changer.
«Ce tout petit souffle sera mesuré centimètre par centimètre. Il viendra et partira centimètre par centimètre. Vous continuerez à faire cet exercice, sans vous laisser aller aux démons qui vont passer embêter votre conscience encore plus fort que vous ne l’aurez senti. Vous sentirez leur présence et votre esprit se révoltera. À ce moment, vous transcenderez et serez avec votre conscience supérieure.»
Yogiji chanta un certain temps, pendant que tout le monde écoutait. Puis, il continua son discours : «Ceci est le souffle mesuré par centimètres. Ne créez aucun son, aucun son. Il ne devrait y avoir aucune souffrance dans le corps, mais la respiration doit être résistée.
«Tous les dieux et les déesses, les saints et les prophètes ont été invoqués pour vous bénir. Tout ce que vous devez faire en retour, c’est de mesurer votre respiration. Mesurez votre souffle de vie. Si vous pouvez faire cela, il n’y a rien sur cette Terre qui ne peut arriver sans votre commandement. Votre dévouement envers votre Guru vous aidera et votre ego ne sera pas perturbé. Votre désir de grandir et de devenir quelqu’un vous fera surmonter la douleur, et l’énergie vous apportera la pleine conscience totale.
«Cette triple action, à ce moment, est un rare moment dans votre vie et votre style de vie. Dédiez totalement votre vie à cela. Les jours ne reviennent jamais. Peut-être cet effort honnête sera suffisant pour vous amener là où vous devez. L’art se trouve dans la mesure de votre souffle. Soyez aux commandes de votre souffle.
«Il y aura tellement de chaleur dans la pièce à ce moment que vous pourrez suer à en crever, si vous mesurez votre souffle. Ceci ouvrira tout le système circulatoire, enlèvera toute la crasse dans votre corps et vous donnera une nouvelle vie. Et, un flot extrême de prana va pénétrer dans vos narines si vous le mesurez.
«Méditez sur vous-même à travers ce sadhana. Encore et encore, mettez votre entière attention et concentration sur votre souffle, s’il-vous-plait. Mesurez son entrée et mesurez sa sortie. Ceci aujourd’hui est ce que vous allez acquérir et apprendre. Vous apprendrez sans doute dans quelques mois.
«Combien merveilleux vous êtes, mes mots ne peuvent l’expliquer. Combien merveilleux vous serez si vous pouvez faire cet exercice parfaitement! Aucun mot sur Terre ne peut expliquer ceci. On travaille sur vous avec votre Conscience Suprême Supérieure, cette partie de vous qui est Dieu. Franchissez les étapes. Ceci vous aidera maintes fois. Ceci va nettoyer la multitude d’événements futurs négatifs qui tenteront de s’acharner sur vous. Ceci va dégager votre voie et votre destinée. Ceci vous fera devenir supérieur parmi les êtres humains. Aucun travail ne revient non rémunéré et aucun effort ne se complète sans son fruit. Travaillez à travers cette pression physique et vous aurez une maîtrise du corps.»
Yogi Bhajan continua sa direction du cours en chantant : «Puisse toujours le soleil t’éclairer, l’amour t’entourer et en toi la pure lumière, guider ta voie, guider ta voie, guider ta voie… Saaaaaaat Nam.»
Puis il pria au nom de tous les autres : «Cosmos, la Cause de toutes les causes, O Créateur, créez ces implications dans leurs cœurs afin qu’ils puissent te chercher et te trouver pour toujours. Faites en sorte que cette union soit une opportunité emplie de bénédictions et de solidité pour notre santé et notre bonheur. Faites que nous soyons les donneurs et non les preneurs. Faites qu’on puisse aimer sans sexualité débridée. Faites qu’on puisse servir sans grand artifice. Faites qu’on puisse vivre dans le respect et qu’on puisse toujours avoir recours à notre soi élevé. Faites que les bénédictions et la compassion nous unisse, afin que la vérité soit abondante et que la paix règne sur Terre. Sat Nam.»
Adieux à Gobind Sadan
Le jour suivant, Yogi Bhajan se rendit auprès de Maharaj-ji pour lui communiquer l’heureuse nouvelle que représentait le mantra qu’il avait reçu de Guru Ram Das. Mais le maître de Gobind Sadan fut soudainement froid et expéditif à son égard. Il ne semblait plus se préoccuper de cet étudiant prometteur qui était le sien et qui avait fait voyage en Amérique. Une scission venait de se produire, une divergence dans les destinées qui signifiait que les deux hommes-dieux n’allaient plus jamais se revoir.
Gobind Sadan n’était plus une place accueillante pour Yogi Bhajan et ses étudiants. Heureusement, Yogiji put contacter un ancien ami, Jain, celui-là même qui avait pourvu aux besoins monétaires de Bibiji et de sa famille pendant tout le temps que Yogi Bhajan était parti en Amérique. Cet ami offrit à Yogi Bhajan sa ferme manguière pas très loin de Delhi, afin que ses étudiants puissent y camper. Donc, la troupe des quatre-vingt-quatre Américains plièrent leurs tentes et montèrent à bord des autobus qui les conduisirent jusqu’aux limites de Delhi.
Une rupture entre un guide spirituel et son étudiant n’est pas un événement mineur. Lorsque Martin Luther rompit avec le Pape, il y eut des guerres et des persécutions pendant des centaines d’années. Il peut être dangereux qu’un schisme se produise lorsque des dirigeants et des croyants sont impliqués.
À Gobind Sadan, les rumeurs couraient sur le fait que Harbhajan Singh, le Yogi Baba était devenu un étudiant déloyal, que l’Amérique avait été un défi trop important pour lui, que le maya de l’Ouest lui était monté à la tête et qu’il avait tourné le dos à Maharaj-ji.
Yogiji était concerné par le danger potentiel de ce revirement de situation. La police en fut informée et des gardes armés arrivèrent à la ferme manguière afin d’assurer la protection du groupe. Yogi Bhajan partagea avec ses étudiants le mantra protecteur que Guru Ram Das lui avait révélé. Peu après, tous chantaient «Guru Guru Wahay Guru, Guru Ram Das Guru» quotidiennement. À l’occasion, il leur arrivait de surprendre la police à le chanter également.
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Le sanctuaire
La plantation manguière se révéla être un sanctuaire béni et serein. Sur la propriété se trouvait une simple cabane en bois qui pouvait accueillir tous ceux qui venaient y faire leur sadhana. Parfois, Yogiji rejoignait ses étudiants dans les premières heures de la matinée.
Dans cet endroit tout désigné pour le sadhana, Krishna noire avait décoré simplement un autel avec un joli tissu, des chandelles et une photographie de Guru Ram Das. Mais il y avait un problème. En arrivant devant l’autel, depuis plusieurs jours sans interruption, Krishna avait constaté que toutes les chandelles avaient fondu et que le tissu avait brûlé jusqu’aux cendres. Étrangement, la photographie de Guru Ram Das demeurait intacte, pas même légèrement noircie par ce qui aurait dû la brûler.
Krishna était perplexe. Elle prit les dispositions nécessaires pour ne pas que cela se reproduise. Les chandelles ne furent pas allumées. Pourtant, chaque fois que l’événement se reproduisit, elle dut en parler à Yogi Bhajan, en se confondant en excuses.
Après la deuxième série de jours où mystérieusement tout, sauf la photographie de Guru Ram Das, se trouvait décimé sur l’autel, la curiosité de Yogi Bhajan fut piquée et il décida de méditer près de l’autel accompagné de Krishna. Un certain temps plus tard, il vit un phénomène merveilleux.
Il vit l’image d’un homme mesurant moins de cinq pieds et demi, montant sur son destrier. C’était l’image parfaite de Guru Gobind Singh, le dixième Maitre Sikh – mise à part que la tête lui manquait. À l’endroit où la tête devait être, se trouvait une large flamme.
Yogi Bhajan parla à la vision enflammée : «Guru, qu’est-ce que tout ceci? Il n’y a pas de tête.»
La vision répliqua : «Les temps durs viendront sur toi. Le Dharma sera propagé, mais je vais devoir retourner les graines que tu as apportées avec toi là où elles viennent, de l’autre côté de l’océan. Suis-moi et je te porterai sûrement à travers tes épreuves. Et là, on verra ce que le Khalsa sera.»
Après cette vision, l’autel ne prit jamais feu.
Les jours suivants se succédèrent avec un horaire chargé comprenant yoga et méditation. Yogi Bhajan donnait souvent des cours dans la cabane pour le sadhana. Et puis, il y avait des moments où tous les étudiants s’entassaient à bord des autobus pour assister à divers événements locaux à proximité. La vie était aisée dans le verger de mangues et demeurait toutefois emplie de nouveautés pour les quatre-vingt-quatre américains. Yogiji s’assurait que chacun ait suffisamment à manger en bonne cuisine indienne. Les manguiers n’auraient pas leurs fruits avant l’été.
Le 15 janvier 1971, Yogi Bhajan dit aux étudiants qui s’étaient rassemblés pour le sadhana que deux amis venaient de décéder et que leurs esprits nécessitaient d’être libérés de l’attraction de ce monde. Un des deux se nommait Baba Sat et avait ouvert un centre à Staten Island, à New York. Pour une raison inconnue, il s’était suicidé. L’autre était Murshid Samuel L. Lewis, aussi connu sous le nom de «Sufi Sam». Il avait reçu Yogiji en ami au Golden Gate Park à San Francisco, l’été de 1969. Le professeur Sufi Américain avait glissé et était tombé sur les marches de sa maison à San Fransisco, avant l’aube, quelques semaines plus tôt. Il souffrait d’une terrible contusion. Murshid venait d’abandonner son corps physique à l’hôpital où il venait de passer ses derniers jours.
Yogi Bhajan se proposa d’enseigner à ses étudiants la façon de libérer une âme lorsque celle-ci s’est détachée de son corps. Il leur dit de méditer intérieurement et de chanter «Akaal» - et c’est ce qu’ils firent.
À mesure qu’ils chantaient, les étudiants de Yogi Bhajan purent voir deux étincelantes lumières. Il semblait que leurs chants propulsaient les deux âmes-lumière, les rendant plus subtiles et bleues et claires. Comme ils les observaient, une des deux lumières devint de plus en plus bleue et pure, mais malgré tous leurs efforts, l’autre prit une couleur brunâtre. Ils chantèrent et chantèrent jusqu’à ce qu’une se confonde pleinement avec l’éther bleu. L’autre avait prit le chemin d’une renaissance sur Terre.
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En tournée!
Après un certain temps, Yogi Bhajan s’adressa au groupe en leur demandant de se préparer à quitter les lieux le lendemain même. La plantation manguière ainsi que les escapades dans le voisinage avaient été appréciés du groupe, mais il leur semblait que l’Inde entière les attendait, et ce fut, avec un certain enthousiasme que les étudiants prirent leur siège à bord des autobus pour accomplir la prochaine étape de la visite de la terre natale de leur Guru.
Sur le chemin, voyageant aux côtés de leur escorte policière, les américains s’abreuvaient en images de la campagne – demeurée verte et fertile, la campagne demeurait un peu comme elle avait été il y a des milliers d’années. Il y avait de larges prés où dominait la canne à sucre et où le blé doré avait été semé ici et là par les fermiers avec leurs tracteurs. Il y avait aussi des femmes, des enfants et des buffles.
Leur premier arrêt était un village à une heure de conduite de leur point de départ. C’était une place toute indiquée pour permettre aux étudiants de Yogiji d’apprendre les finesses de l’hospitalité du Penjab.
Avec Yogiji en tant qu’interprète, les étudiants suivaient. En raison de leur méconnaissance totale de l’environnement et de leur inaptitude à parler ou à comprendre, les américains durent se restreindre beaucoup dans leurs déplacements les semaines qui suivirent. Le fait de rester en groupe ne vint pas naturellement. Il y avait des hippies et des excursionnistes parmi les gens du groupe. Pour plusieurs, l’étiquetage ainsi que les tâches qui leurs étaient assignées constituaient la partie la plus rebutante du voyage – beaucoup plus rebutante que de subir la dysenterie ou d’avoir à faire avec les toilettes rudimentaires.
La population locale fut tout aussi bouleversée par la présence des américains. Ils vinrent de partout, des champs et des maisons, et il semblait que bientôt, la communauté entière était là : les anciens à la peau cuivrée, des tous petits aux bras, les épouses et leurs mères, les pères et les fils, les oncles et les tantes, tous étaient là pour faire partie de cette nouvelle expérience venant d’outre mer. Le mot «Am-ree-kan» (Américain), passa rapidement de bouche à oreille.
Le sentiment d’émerveillement était mutuel. Après tout, les américains avaient coupé tout lien avec leurs propres racines familiales, à des degrés divers, depuis qu’ils s’étaient joints à cette grande conspiration de l’ère du Verseau. Leurs familles, leurs communautés et leurs ashrams étaient jeunes et très rarement multi-générationnels. Toutefois, ici même devant leurs yeux se trouvaient des générations de gens de la Terre, des personnes simples arborant une sagesse naturelle qui s’étalait devant eux sur quatre générations.
Après quelques mots entre Yogi Bhajan et un conseil d’anciens, tout-le-monde s’engagea sur le chemin de terre qui menait à la plus grande construction de la communauté. À l’extérieur, il y avait un drapeau orange avec un insigne qu’aucun des étudiants ne pu reconnaître. Le bâtiment était le Gurdwara. À l’intérieur, ils s’entassèrent comme ils purent avec près de mille pèlerins et leurs deux-cents hôtes, malgré qu’un bon nombre de femmes allaient bientôt quitter. C’était à l’occasion de l’organisation d’un grand repas Sikh communautaire, et ces femmes allaient bientôt se mettre au travail pour le préparer.
À l’arrière du bâtiment, il y avait une verrière et en-dessous, un édifice en bois, couvert de textiles étincelants. Un commis derrière l’édifice était en train de secouer cérémonieusement une sorte de ventilateur fait de poils de yak. En avant, dans l’édifice et sous le textile, quelques uns des étudiants de Yogiji comprirent que là se trouvait le présent Guru de tous les Sikhs, la Parole en tant que Guru, le Siri Guru Granth Sahib.
Un des anciens se leva aux côtés du Siri Guru et s’adressa à la foule en leur formulant un accueil de bienvenu que tous devinèrent très émouvant. Puis, Yogi Bhajan prit la parole. Sa voix résonnante emplit le hall pendant plus d’une heure. Son discours était ponctué ici et là de teintes d’humour, ce qui provoquait des rires étouffés et des mines d’amusement de la part de ses auditeurs. Parfois même, il se voyait coupé par une acclamation assourdissante en son honneur. Finalement, les quatre-vingt-quatre américains se serrèrent sur le stage où Yogiji venait de parler.
Un certain nombre d’entre eux avait pratiqué une chanson, l’unique air du Penjab qu’ils connaissaient, et là, avec eux, tout le monde le chanta à voix haute : «Bhaja mana mayray, haree kaa Naam, Bhaja mana mayray, Haree kaa Naam, Haree kaa Na-am, Sa-at Na-am, Haree kaa Na-am, Sa-at Naam – O mon esprit, médite sur le Naam. O mon esprit, médite sur le Naam. Le nom de Dieu est Sat Na-am. Le nom de Dieu est Sat Naam…» Encore et encore, ils chantèrent pour le plaisir des villageois.
Après environ une heure de chant, tous dans la salle se levèrent et ce fut le temps de la prière. Puis, le Siri Guru Granth Sahib fut cérémonieusement ouvert et quelques mots furent lus. Enfin, des doux et délicieux Parshaad passèrent d’un bol étincelant aux mains réunies en coupole de chacun. Tout le monde s’assit en rangées, pendant que la nourriture spirituelle des Sikh, le Guru-ka-langar de chapatis, de dahl et de curry étaient servis.
Ceci était une routine qui se répétait souvent au cours des yatra. Inévitablement, des deux côtés de la barrière culturelle et linguistique, il y avait des efforts pour se comprendre. Des sourires et des gestes valsaient dans les échanges, spécialement lorsque les hommes de service apportaient des réservoirs de leur dahl délicieux ainsi que du curry et des empilements de chapatis, descendant les rangées pour restaurer leurs invités. La parodie entre les serveurs et ceux qui étaient servis pouvait s’exprimer par un rituel ressemblant à ceci :
«Mangez!» (Le serveur sourit et fait un geste avec sa louche.)
«Okay.» (Celui qui est servi sourit et hoche la tête.)
«Prenez-en plus.» (Un serveur différent sourit et fait un geste.)
«D’accord.» (Celui qui est servi se pousse vers l’arrière de façon à laisser de la place pour la louche.)
«Encore un peu plus.» (Le serveur sourit et fait à nouveau un geste.)
«Ceci est délicieux!» (Celui qui est servi sourit grandement et frotte son ventre en signe de satisfaction.)
«Prenez-en plus.» (Un autre serveur sourit grandement.)
«D’accord, mais juste un petit peu.» (Celui qui est servi fait mine de réfléchir et fait un signe avec son pouce et son index pour indiquer la quantité.)
«Prenez-en un autre!» (Le premier serveur tend un chapati fraîchement grillé et sourit.)
«Peut-être.» (Celui qui est servi prend l’air pensif, mais continue de sourire.)
«Juste un dernier.» (Un serveur sourit et fait un geste avec son index dans les airs.)
«Je ne crois pas que je peux en manger un autre.» (Celui qui est servi gonfle ses joues et tient son estomac avec ses deux mains.)
«Vous devez en prendre un dernier.» (Un des serveurs sourit gracieusement et fait un geste avec sa louche.)
«Uhhh…» (Celui qui est servi met ses mains ensemble au niveau du centre du cœur, sourit, accroche directement le serveur par le regard et secoue sa tête d’un côté à l’autre.)
Les généreux habitants du Penjab étaient toujours soucieux du fait que leurs maigres invités américains aient toujours assez à manger. Les deux enfants du groupe étaient les principales cibles d’attention. Comme il était coutume, des légions de grand-mère Penjabiennes bien intentionnées s’approchaient pour leur tirer les joues avec affection.
Puis, le jour faisant place à la nuit, des ententes furent prises au cours des nuits suivantes, pour que tous puissent trouver un toit où dormir, que ce soit sur le plancher du Gurdwara, ou encore, plus rarement, dans la maison des voisins. Souvent, les soirées se terminaient sous un édredon confortable avec un verre de ce doux lait de buffle chaud. Puis, tous s’évaderaient dans le shuniya jusqu’à la matinée.
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L’envoyé de la maison du guru
Deuxième partie : Raj yoga – l’émouvante souveraineté du divin
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Les villageois
Yogi Bhajan amena ses étudiants au cœur même du Penjab, là où les vrais habitants vivent. La vie là-bas se passait pratiquement de la même manière que depuis le temps de Guru Nanak. Yogiji, ancien villageois lui-même, partageait son chez-lui, son pays et son histoire aves ses étudiants à travers leur périple de village en village et de ville en ville.
Partout où ils allaient, l’histoire était présente. Il y avait des contes à découvrir, des écriteaux à déchiffrer, des événements à célébrer et des présentations à faire. Dans un petit village, Yogi Bhajan pointa un Nihung (membre d’un ordre Sikh), vêtu d’une tunique bleue traditionnelle. C’était un homme de petite stature appartenant à un clan guerrier datant du temps de Guru Gobind Singh. Yogiji expliqua à tous que cet homme était un grand saint et qu’il serait bon de lui serrait la main ainsi que de le connaître un peu plus. Donc, malgré les limitations apportées par la langue et leur court séjour, les étudiants arrivèrent tout-de-même à le connaître.
Un jour, Yogi Bhajan prit Jim Baker à part. Jim Baker était le propriétaire du restaurant de Los Angeles où Ganga travaillait. «Attendez d’arriver au prochain village,» lui dit-il. «Vous verrez comment les gens vous reçoivent.»
Effectivement, lorsque le groupe descendit des autobus au prochain village, les habitants furent particulièrement stupéfaits devant Jim. En temps normaux, les gens du village étaient très respectueux envers leurs lointains visiteurs, mais pour une certaine raison, ceux-ci s’assemblèrent autour de Jim arborant leur attitude la plus humble et la plus emplie de dévotion.
Yogiji expliqua que Jim leur rappelait un saint Sufi qui avait vécu avec eux et qui lui ressemblait étonnamment.
Pendant tout le voyage, à toute heure du jour et de la nuit, les participants avaient l’habitude de chanter au nom du gardien de l’ère du Verseau : Guru Ram Das. Ils chantaient ce qu’ils avaient été montrés à faire : «Guru Guru Wahe Guru Guru Ram Das Guru». À certains moments, Yogi Bhajan donnait des directives à Krishna, son étudiante personnelle : «Va t’asseoir en face de cette personne et chante ce chant jusqu’à ce que je te dise d’arrêter.» Une heure ou deux pouvaient s’écouler de cette manière, pendant que l’énergie d’inspiration passait d’un cœur à l’autre.
Une fois, Krishna et Devorah se trouvèrent sur les balcons de deux bâtiments opposés. Qu’ont-elles fait? Chanter, bien entendu! Elles chantèrent et chantèrent ligne par ligne, recommençant sans s’arrêter, dans un magnifique style mélodique. Guru Nanak avait dit que le chant était le grand pouvoir prépondérant de cette ère, et, de la même manière, elles chantèrent en comblant le sens de ses propos. Pour ceux qui entendirent leur chant, leur performance spontanée était un des plus remarquables événements du voyage qu’ils pourraient se rappeler pour les années à venir.
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Le nuage de la mort
La cité royale de Patiala s’étalait devant leurs yeux. C’était une ancienne ville avec un vrai maharaja, rappelant les jours passés. Il y avait un ancien fort et un palais, un musée et plusieurs Gurdwaras. Il y avait beaucoup à voir et autant à apprécier. Mais quand les autobus s’immobilisèrent au dernier arrêt, une large Gurdwara, les occupants étaient tous fatigués et ankylosés. Pour plusieurs d’entre eux, leur premier et seul souhait était de prendre une douche et de reposer leurs corps endoloris et fourbus.
Cependant, il y avait un événement à l’agenda, c’était de participer à la cérémonie qui se donnait dans cette Gurdwara du Patiala. Le Yogi y allait. Qui allait l’accompagner? Malgré le fait qu’ils étaient tous fatigués, au moins vingt étudiants se levèrent et suivirent les pas du Maître.
Lorsqu’ils traversèrent la cour extérieure du Gurdwara, Ganga fut prise par un sentiment de malaise. À mesure qu’ils se rapprochaient, son sinistre sentiment se faisait sentir plus intensément. Elle attira l’attention de Yogiji et s’arrêta à côté de lui en lui disant fermement : «Monsieur, ne faites pas un pas de plus. Je vois le nuage noir de la mort suspendu au-dessus de cette Gurdwara. Nous ne pouvons pas aller à l’intérieur, parce qu’ils vont nous tuer!»
Yogi Bhajan regarda un moment les yeux terrifiés de Ganga et calmement, la rassura : «Ganga, un Sikh ne se fait jamais petit devant la mort, » et il continua son chemin vers l’entrée de la Gurdwara.
La pensée de Ganga se mit en pilote automatique. Son insécurité la fit crier : «Un Sikh! De quoi parlez-vous? Je suis Américaine! Je ne vais pas me mettre à marcher vers ma mort! Croyez-vous que je sois stupide?» Mais quand elle vit son professeur continuer sa marche avec un calme et une assurance naturelle, Ganga pensa une seconde fois : «Je dois aller avec lui. Je n’ai aucun choix. Je suis la fille de cet homme. S’il y va, j’y vais aussi. S’il a le courage d’y aller, je dois y aller aussi.»
Yogiji et ses étudiants entrèrent dans la Gurdwara, s’inclinèrent devant le Siri Guru Granth Sahib et s’assirent en groupe dans la congrégation, mais pas pour longtemps. En quelques minutes, des hommes entrèrent par la porte arrière de la Gurdwara. Ils commencèrent à invectiver la congrégation. Tout le monde se retourna. Quelques uns répliquèrent. Il y eut une nouvelle vague de cris en réponse. Tout se déroulait dans la langue du Penjab, ce qui était totalement incompréhensible pour les étudiants de Yogiji, excepté le fait que la situation semblait provocatrice et dangereuse. L’ambiance ressemblait à celle du soulèvement d’une émeute.
Yogi Bhajan en était parfaitement conscient et s’était déjà complètement soumis à l’éventualité de ce qui était probable d’arriver. En tant que yogi, il ferma ses yeux, attira son attention fermement à l’intérieur de lui-même et devint totalement immobile. De leur côté, les étudiants formèrent un cercle protecteur autour de leur maître, leurs visages en direction du danger qui les menaçait à l’extérieur. Ils commencèrent à chanter leur mantra protecteur à toute voix.
Les hommes en colère arrivèrent comme une tempête autour des Américains et de leur professeur. Ils les encerclèrent en brandissant des bâtons et en criant. Ils criaient et hurlaient et faisaient tourner leurs bâtons de manière menaçante dans les airs. Comme un violent orage, ils cassèrent tout ce qui se trouvait autour d’eux dans un fracas assourdissant. Leurs visages étaient défigurés par la colère, et, au milieu de cette horrible tempête, le yogi méditait pendant que ses étudiants chantaient bravement et hardiment autour de lui.
Yogiji méditait et la foule ne cessait de crier, de menacer et de hurler, mais les hommes menaçants n’approchèrent plus ou ne purent approcher le cercle protecteur créé par les étudiants du Maître, imprégné d’amour et préparé à se sacrifier.
Éventuellement, la tempête passa et les hommes en colère se dissipèrent comme des nuages. Ayant dépensé toute leur furie, ils étaient retournés d’où ils étaient venus.
Quelques personnes s’occupant de l’entretien du temple restèrent et tentèrent de consoler les Américains. Un d’entre eux parlait anglais. Celui-ci leur assura que tout était sécuritaire désormais et qu’ils pouvaient partir.
Ganga parla au nom du groupe. Elle n’était pas prête à être consolée. Les subtilités de la situation qui tentaient d’identifier qui faisait quoi dans cette histoire et pourquoi les choses étaient devenues si violentes lui échappaient. Elle refusait de faire confiance à qui que ce soit qu’elle ne connaissait pas. Ganga insista pour que la police vienne et qu’elle leur fournisse une escorte.
Lorsque la police arriva, environ une demi-heure plus tard, tout le monde continuait de chanter et Yogiji était lointainement parti hors de son corps physique. Finalement, lorsque le chant s’interrompit et qu’il reprit vie, des larmes coulaient de ses yeux.
Le policier remarqua : «Vous êtes un yogi, et vous pleurez? Mais, ils sont tous partis. Il n’y a aucun problème.»
Le policier n’aurait jamais compris. Yogi Bhajan pleurait des larmes d’amour, des larmes de remerciements, des larmes d’humilité, sachant que dans son propre pays où il avait vécu pendant trente-neuf ans, où il avait été un officier gouvernemental et pouvait compter des centaines d’amis, lorsqu’une attaque avait été faite sur sa vie, rien de tout cela n’avait eut d’importance à ce moment. Ceux qui avaient risqué leurs vies sur la ligne de défense étaient ces Américains, ces étudiants Américains qui lui étaient dévoués.
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Amritsar se questionne
Ayant frôlé la mort de près, leur voyage continua pourtant. Pour être hors de souci question sécurité, ils durent cependant faire de fréquents détours et changements de plans, néanmoins, ils poursuivirent leur route bravement.
Pendant que Yogi Bhajan et ses étudiants continuaient leur chemin à l’est du Penjab, plus loin à l’ouest, dans la ville sainte d’Amritsar, quelques personnes du Comité Shiromani Gurdwara Parbandhak (SGPC) - le corps qui gouvernait les affaires religieuses des Sikhs - discutaient à propos de rapports concernant un ancien officier du gouvernement et des jeunes Américains qui visitaient le pays. L’affaire semblait étrange.
Qui était cet homme? Et pourquoi un officier du Service Civil Indien avait-il quitté le pays pour aller en Amérique? On disait qu’il avait laissé sa famille à Delhi. On disait aussi qu’il était associé à Gobind Sadan. Mais que faisait-il avec tous ces Américains?
Le Penjab avait une culture rurale, exclusive et insulaire. C’était aussi une région frontalière. En 1965, cette région avait été un terrain de combat frontalier pendant la guerre entre les voisins hostiles qu’étaient l’Inde et le Pakistan et, dans quelques mois, ces dramatiques événements avaient la possibilité de revenir. Il y avait donc matière à soupçonner les étrangers. Il pouvait y avoir des espions, des agents étrangers, des communistes, des chercheurs de trouble. Qui sait?
La plupart des jeunes Américains qui allaient en Inde, au Pakistan et au Népal étaient faciles à repérer. Ils venaient pour le hashish et la marijuana bon marché et prête à être fournie. Mais pourquoi est-ce que ce groupe visitait-il les villages du Penjab?
Certains visiteurs venaient pour trouver un épanouissement spirituel. Pourquoi est-ce que ces Américains n’étaient-ils pas allés plus au nord, à Dharamsala, avec les Tibétains bouddhistes ou chez les Sadhu de Rishikesh et de Benares à l’est? Pourquoi étaient-ils au Penjab et pourquoi suivaient-ils un Sardar?
Les membres du comité décidèrent que la situation était trop étrange pour simplement l’ignorer. De plus, le groupe semblait progresser tranquillement vers Amritsar, la ville du sacré Harimandir, le Temple Doré. Des SGPC furent alors mandatés d’aller vers l’est pour intercepter le groupe et découvrir les motifs de leur visite.
Si ces étrangers devaient paraître suspects, il serait encore temps de les arrêter, d’une façon ou d’une autre, avant qu’ils ne dérangent l’ambiance sainte d’Amritsar.
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volume écrit par Guru Fatha Singh Khalsa
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Version originale sur le site : http://www.gurufathasingh.com/myweblog
Traduit de l’anglais par Itzel-Nathalie Girouard-De La Teja